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  Photo “Cherchaient-ils une place pour rester, avaient-ils quitter leur village devenu trop petit a leur gout?”
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Lampang. 15 novembre 2007

Assis a la table de notre guesthouse j'ouvre ma carte pour trouver le nom de la riviere. C'est une grande riviere vert-brune qui coule a peine vers le sud. Il faut d'ailleurs la regarder attentivement pour voir dans quel sens elle coule pour ne pas se tromper en pensant qu'elle est immobile. Mais comme il arrive souvent avec les cartes en Thailande les noms des rivieres et des rues ne sont pas toujours indiques. A travers les fleurs mauves d'un arbre luxuriant (dont je ne connais pas le nom) je peux voir le pont, le meme pont qu'on voyait hier soir du restaurant ou on avait soupe.

Quand on est descendus hier soir de l'autobus la ville etait cachee par la nuit. Apres quelques tentatives pour trouver notre chemin vers le centre de la ville, on a fini par prendre un taxi, je lui ai donne le nom d'un hotel que j'avais vu sur la carte et qui avait l'air d'etre situe dans le centre de la ville. De la on pourrait se renseigner autour pour un guesthouse, on s'etait dit. Assis dans le taxi on regardait dehors: une ville ordinaire, pas de touristes, avec des gens ordinaires qui marchent dans la rue en profitant de la fraicheur du soir.

C'est par hasard qu'on se retrouve aujourd'hui a Lampang. De Pai on voulait se diriger vers le nord mais l'autobus de midi etait plein (c'etait un autobus local: 2 touristes, un moine bouddhiste, deux femmes avec leurs bebes et d'autres thais avec pleins de sacs). On a finalement choisi de prendre un autobus qui partait vers le sud deux heures apres, c'etait plus cher mais on avait deux places reservees. On est alles s'asseoir dans un restaurant pour attendre que les deux heures passent. Le guitariste que j'avais vu il y a quelques jours etait assis deux tables plus loin. Il mangeait, sa guitare noire posee sur la table a cote de son assiette. Gros sourire, je lui reponds de la meme facon et on se dit "Bonjour" en thai. Quelques minutes apres ma guitare etait sortie de sa caisse et j'etais assis en face de lui en improvisant un blues paresseux en mi. A chacun son tour on jouait en se relancant avec une nouvelle tournure a chaque fois. Il ne parlait pas anglais mais les douze mesures et trois accords de notre blues suffisaient pour qu'on se parle comme des vieux amis. Dix minutes apres, quand nos nos envolees ont fini sur un mi7 majeur on a eu meme droit a des applaudissements ds deux autres tables du restaurant. Plus tard dans l'autobus je disais a Marie-Joelle:

- Peut-etre la vie est comme un fleuve et on ne fait que le naviguer en kayak (comme on l'a fait aux grottes la semaine derniere) et une pagaye. C'est le fleuve qui decide de la direction de ton kayak et si tu veux changer de direction tu dois pagayer plus fort. Des fois le courant est si fort que le plus facile c'est de te laisser porter et voir ce que le fleuve veux te montrer.

C'est dans l'autobus qu'on a ouvert notre carte et on s'est dit que Lamapng a l'air d'une ville assez grande pour faire un arret. Nous voila maintenant descendus du taxi devant le Kim Hotel. Devant nous il y a un ecriteau "Riverside guesthouse 500 m" qu'on decide de suivre a travers des petites ruelles devant plusieurs restaurants et bar ou des thais passaient leurs soiree.

De l'autre cote de la riviere un thai a accroche son hamac entre deux arbres et lit son journal. Une moto passe de temps a autre et j'entends les cris des enfants d'une piscine publique, elle aussi de l'autre cote de la riviere. Peut-etre il y a longtemps quand Lampang n'existait pas encore quelques pecheurs ont ete portes par le fleuve jusqu'aux berges ou ce thai a accroche son hamac. Ils voulaient peut-etre aller vers le nord mais le courant trop fort les a forces a descendre de leurs petit radeau et batir le petit village qui allait devenir Lampang. Cherchaient-ils une place pour rester, avaient-ils quitter leur village devenu trop petit a leur gout? Cherchaient-ils une place a l'abri des pluies et du froid des montagnes du nord? Sont-ils restes toute leur vie ici apres ou ils sont repartis quelques annes apres pousses encore une fois par le courant? Peut-etre ce sont juste leurs enfants qui sont restes ici, et leurs petit-enfants jusqu'a temps que le fleuve les appelle eux-aussi et qu'ils repartent plus loin comme leurs parents l'avaient fait.

On nous a promis a notre guesthouse que demain matin on pourra louer une moto. Le monsieur du bureau de tourisme nous a indique que la plupart des choses a voir a Lamapng sont a l'exterieur de la ville et on a marche tout l'avant-midi pour trouver une moto a louer mais sans succes. C'est ca les villes non-touristiqies, je me suis dit. On a commence a comprendre qu'en Thailande il faut pas faire trop de plans a l'avance. Tout ce qu'on peut faire c'est bien ouvrir les yeux pour peut-etre deviner quelle est la direction que le fleuve va choisir. Mais on le sait deja, le fleuve nous surprend a chaque fois.


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